Quand un client est inattentif et manque d’information, les banques n’hésitent pas à abuser de certaines situations. En effet, selon une enquête menée par Choisirmabanque.com – site web spécialisé dans le comparatif d’établissements bancaires – 122 des 124 banques françaises abusent des découverts de leurs clients en surfacturant certaines opérations. Le Parisien retranscrit deux témoignages dans son édition du 1er mars 2012.

 ” On m’a réclamé 2 800 € l’an dernier! “

BÉATRICE BEUGNOT retraitée de 55 ans, Rambouillet (Yvelines)

« Excessif, c’est le moins qu’on puisse dire! » Béatrice Beugnot, 55 ans, ancienne enseignante en droit, a du mal à contenir sa colère. Elle consulte de nouveau ses relevés bancaires en 2011. « Deux mille huit cents euros de frais, vous vous rendez compte ? Pourtant, quand j’ai ouvert mon compte, en 2007, tout se passait très bien ». Béatrice Beugnot touche deux pensions d’invalidité, la première tombe tous les 5 du mois. Et la seconde le 28. Entre ces deux dates, il faut jongler avec les factures.

« Mais j’arrive toujours à retomber sur mes pieds. Lorsque j’ai un découvert, ça ne dure jamais ».

Elle a changé d’établissement.

Après la crise de 2008, les rapports avec sa banque se sont tendus. « Plus aucun dépassement n’était autorisé. Et les frais étaient devenus astronomiques! » Sa banque passe même son dossier au service recouvrement. « Aujourd’hui, je me retrouve contrainte à payer 145 {: par mois dans le cadre d’un plan d’apurement. Il me reste encore 680 {: à régler. Je ne veux plus entendre parler d’eux, s’emporte Béatrice. J’ai ouvert un compte à ING Direct, une banque en ligne. Certes, on n’a jamais le même conseiller au téléphone et il est interdit d’avoir un découvert. Mais, au moins, il n’y a pas d’arnaque aux frais. En décembre dernier, par exemple, j’ai dépassé durant quelques jours ma limite de 200 €. J’ai payé 0,047 € d’agios. Ce qui est plus que raisonnable ».

« Même pour quelques dizaines d’euros, je ne lâcherai pas»

JEAN-FRANÇOIS DEWYSOTZKI 58 ans, commercial demandeur d’emploi, Avion (Pas-de-Calais)

Par deux fois, Jean-François Dewysotzki a déjà fait condamner des banques pour abus de frais de recouvrement: la BNP et le Crédit agricole. « Dans les deux cas, ils invoquaient une convention de compte que je ti’avais même pas signée. J’ai fini à chaque fois par avoir gain de cause. Leur méthode est toujours la même : ils vous abreuvent de courriers tous plus vindicatifs les uns que les autres,  truffés de termes juridiques et de menaces destinés à vous faire peur, mais il ne faut pas se laisser impressionner ». Cet ancien commercial, actuellement en recherche d’emploi, a adhéré à l’Afub (Association frança ise des usagers des banques) en 2003. Et épluché tous les textes de loi concernant les relations entre les clients et leurs banques. Au point qu’aujourd’hui, il conseille tous ses amis. Et défend ses proches.

« Ma mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Je m’occupe donc de ses comptes. En épluchant ses relevés, je me suis aperçu que sa banque, le Crédit agricole, lui avait prélevé de manière illicite en 2011 plus de 700 € ( de frais, commissions et agios en tout genre. Je leur ai écrit pour leur demander des explications. Que j’ai obtenues de la part du responsable de l’agence. Sauf qu’une fois encore il cherchait à me noyer dans des arguments incompréhensibles. Mais on ne me la fait plus! » Echanges de lettres, menaces de procès ainsi que de frais supplémentaires. Jean-François Dewysotzki ne flanche pas et finit par obtenir gain de cause. Ou presque. « Ils m’ont remboursé 524,40 € sur les 700 € réclamés, sans aucune justification. Alors, depuis, je ne lâche plus! » Prochaine étape : un courrier en recommandé à la direction du Crédit agricole pour obtenir le complément de la somme. Et si elle ne lui donne pas satisfaction, il ira jusqu’au tribunal. « Je sais que ce n’est plus que quelques dizaines d’euros, mais c’est pour le principe. Cet argent, c’est celui de ma mère, pas le leur ! »