Rodney Harmon veut faire un exemple. Après avoir passé une nuit dans le Hilton de Sonoma County, en Californie, il n’a pas voulu payer pour l’exemplaire du quotidien USA Today qui avait été laissé devant sa porte. Sans qu’il le demande. Et qu’il n’avait pas touché.  Sauf que bien évidemment, la ligne correspondant à cette dépense sur la facture dont il s’est acquitté en quittant l’établissement était écrite en si petits caractères qu’il n’a pas pu la déchiffrer à temps. Combien de clients ont déjà subi pareille mésaventure ?

Dans combien d’hôtels, quelle que soit la chaîne ? C’est précisément ce que s’est dit Rodney, qui s’est tout de suite vu en héraut des droits du consommateur américain, et qui à travers son litige portant sur 75 cents veut se battre pour faire mettre un terme au millier de petits larcins de ce genre. Son avocat le confirme : « Il y a plus que 0,75 dollar en jeu. Ces pratiques sont l’exemple type des abus que les entreprises effectuent chaque jour sur des gens comme vous et moi ». Vu le nombre de chambres Hilton dans le monde (615 000), et le fait que la moitié du tirage (1 400 000 exemplaires par jour) du deuxième quotidien américain soit écoulé dans les hôtels de la sorte, les deux entreprises pourraient avoir du souci à se faire. Car ce que reproche l’accusation, pire que le fait de facturer un service non demandé et non consommé, c’est d’avoir volontairement tenté de dissimuler cette facturation en l’inscrivant en pattes de mouche tout au bas de la facture, et pis encore, que la pratique de l’hôtel consistant à placer un journal en bas de la porte comme on le ferait avec n’importe quel cadeau est délibérément trompeuse.

Au regard de la loi française, l’article L113-3 du Code de la consommation énonce clairement que « tout vendeur de produit ou tout prestataire de service doit notamment par voie d’affichage informer le consommateur sur les prix, les limitations éventuelles de la responsabilité contractuelle et les conditions particulières de la vente ».