Par un jugement rendu public mardi 4 octobre, le tribunal de commerce de Paris a condamné à titre solidaire huit filiales du groupe Expedia, dont Tripadvisor.fr et Expedia.fr, à payer à un syndicat hôtelier 134 955,54 euros pour préjudice commercial et 150 000 euros pour atteinte aux intérêts collectifs de la profession, plus des réparations pour préjudice commercial se chiffrant en dizaines de milliers d’euros directement auprès de certains hôtels.
Un total de plus de 400 000 euros : c’est moins que le million d’euros demandé par le syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) lorsqu’il a initié la procédure dix-huit mois plus tôt, mais c’est déjà une victoire pour la profession.

Plusieurs pratiques commerciales du voyagiste américain ont été dénoncées : notamment les fausses promotions, les hôtels vides affichés complets, la mise en avant des hôtels partenaires… Ainsi, le groupe entretenait une confusion totale entre le site de TripAdvisor, censé être un site d’opinion participatif sur les hôtels, et les sites de réservation Expedia.fr et Hotels.com vers lesquels TripAdvisor renvoie. Par ailleurs, certaines de ces plateformes mentaient aux internautes en annonçant complets plusieurs hôtels qui ne l’étaient pas, histoire de renvoyer le client vers un autre « partenaire » payant du site.

Les clients n’étaient pas les seuls abusés, puisque les professionnels de l’hôtellerie expliquent ne pas pouvoir échapper au « système Expedia » : si l’hôtel ne paye pas son inscription sur TripAdvisor, les clients ne trouvent pas l’hôtel sur internet, et lorsqu’ils le trouvent, des commissions lui sont en sus prélevées par les sites de réservation utilisés par les clients. Un système qui coûterait aux hôtels entre 15 à 23% du chiffre d’affaires global généré dans l’année, pour reprendre les chiffres avancés par le directeur de l’hôtel Louvre Tonic.

Le Secrétaire d’Etat au Commerce Frédéric Lefebvre, qui s’est montré particulièrement actif sur ce dossier, s’est félicité « de la mise en conformité de sites à la suite de l’intervention » de la DGCCRF, qui avait publié un rapport sur cette affaire dont toutes les conclusions ont été reflétées par le jugement du Tribunal de Commerce.